5 promesses de merde qu’Hidalgo ne tiendra pas

Plus de trois mois après les élections municipales qui ont offert à Anne Hidalgo la mairie de Paris, nous nous sommes replongés dans son lourd et chiant programme, toujours accessible sur son site Internet de campagne, afin de dénicher 5 promesses qui nous paraissent bien mindfuckées. Cette tâche n’a pas été facile : composé de 197 pages, son programme est clairement à lire que si vous n’avez que ça à foutre – un peu comme moi. A titre de comparaison, les programmes des candidats à l’élection présidentielle de 2012 Sarkozy (32 pages) et Hollande (23 pages), destinés à décrire la ligne de conduite d’un homme amené à gouverner un pays et non une ville, font pâle figure.

Heureusement, l’équipe de communication d’Hidalgo a eu la merveilleuse idée de nous mâcher le travail en surlignant certains passages clés de ce document intitulé « Paris qui ose », mais qui aurait pu aussi s’appeler « Paris qui ose, parfois, l’impossible ».

1 – « Les 24H du périphérique », pour fêter le périphérique en trottinette

Il s’agit clairement de l’une des propositions les plus improbables, mais celle-ci est pourtant bien réelle : Anne Hidalgo souhaite faire du périphérique un endroit convivial et familial. Pour ce faire, quoi de mieux que d’organiser, une fois par an, une journée célébrant le périphérique ? Cette fête se déroulait pendant l’arrivée du tour de France afin de « faire corps avec la métropole », comme cela est écrit noir sur blanc dans le programme de campagne. Non mais franchement, qui a envie de faire de la putain de trottinette sur ce putain de périph un après-midi de juillet ?

Oubliez cette image : bientôt, le périph sera un lieu cool et convivial
Oubliez cette image : bientôt, le périph sera un lieu cool et convivial

Imaginez l’horreur : vous êtes en bagnole, dégoulinant de sueur car vous n’aviez pas pu ajouter l’option clim à 1300 euros lors de l’achat de votre Peugeot 108, en 2013. Coincé dans un embouteillage, vous pestez contre ce putain de périphérique parisien toujours bondé et vous vous rendez compte, soudainement, que ce n’est pas un afflux important de voitures qui provoque toute cette merde, mais des putains de Francis et autres Bobbies venus partager leur joie de vivre en faisant de la trottinette sur le périph. Non ceci ne peut pas être réel.

2 – Se baigner dans le lac Daumesnil

Après avoir cédé la magnifique piscine Molitor (XVIe arrondissement) au fond d’investissements américain Colony Capital (ancien détenteur du PSG), Anne Hidalgo veut nous faire oublier cette déconvenue en offrant aux parisiens la possibilité de se baigner dans … le lac Daumesnil. Oubliez le masque et la crème solaire : ici, vous aurez davantage besoin d’une combinaison intégrale afin d’éviter tout contact direct avec l’eau flasque et vaseuse du lac Daumesnil. De quoi lancer à Paris la mode « zentaï » amorcée au Japon il y a déjà quelques années ?

3 – Création d’une « brigade antibruit » pour lutter contre le tapage nocturne

« Bonsoir, nous sommes la brigade antibruit et nous tenons à vous informer que vous faîtes trop de bruit ». Non, vous n’êtes devant votre TV à mater le nouveau DVD des petites annonces d’Elie Semoun, mais bien dans le programme de campagne de la maire socialiste.

Si beaucoup de parisiens se plaignent de la faible activité nocturne de Paris, faute à une législation beaucoup trop rigide, Anne Hidalgo souhaite la création d’une « brigade verte et antibruit » pour lutter contre le tapage nocturne. Ceci n’est pas une blague : de petits bonhommes, verts de la tête aux pieds, armés de flyers moralisateurs concernant le tapage nocturne, viendront faire la morale aux jeunes gens bourrés et autres bons vivants riant à gorge déployée le samedi soir dans la capitale. « Pas de vie, pas de bruit », tel semble être le mode de gestion adopté par la municipalité concernant la vie nocturne de la « Ville lumière ».

4 – Construire un téléphérique reliant gare de Lyon et gare d’Austerlitz

Sous prétexte qu’il faille lutter contre la muséification de Paris, Hidalgo souhaite bouleverser le paysage qu’offre la Seine aux parisiens en installant un téléphérique reliant la gare de Lyon à la gare d’Austerlitz. Ou comment détruire l’un des plus beaux lieux de la ville la plus visitée au monde, les téléphériques urbains étant les pires trucs du monde qui existent.

5 – Installer des caméras de surveillance dans toute la ville

On va se la jouer anarchiste mais, franchement, qui a envie de se faire filmer en permanence dans les rues de sa ville ? La nouvelle maire peut se targuer d’être de gauche, son amour envers les caméras de sécurité n’a rien à envier à celui de Valls, d’Estrosi ou des différents ministres de l’intérieur du quinquennat Sarkozy. Pour preuve, Hidalgo souhaite prolonger le « plan de vidéo protection » enclenché par la ville de Paris il y a quelques années. Les « nouveaux quartiers », notamment Les Batignolles et Le parc des expositions, seront les premiers à bénéficier de ces nouveaux équipements – vous savez donc quels arrondissements éviter si vous souhaitez vous installer à Paris. Ces caméras serviront à « signaler les nuisances sur l’espace public depuis les encombrants jusqu’aux actes de vandalisme afin d’y répondre plus rapidement », mais aussi à « lutter contre l’insécurité routière qui est un véritable fléau ». Car oui, c’est bien connu : une simple caméra de surveillance parvient à faire baisser les accidents de la route.

BONUS : une promesse qu’Hidalgo est malheureusement en train de tenir

Réaliser, chaque mois, un Hangout avec une poignée de parisiens.

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